Au début des années 1800, la maison d’inspiration française évolue pour faire place à la maison québécoise, aussi appelée maison canadienne. Influencée par les styles néoclassique et Regency, l’architecture québécoise traditionnelle permet de mieux affronter les rigueurs de l’hiver, notamment grâce à une fondation surélevée et à un toit à forte pente avec une base courbée.

Surtout présente en milieu rural, la maison traditionnelle québécoise connaît une grande popularité entre 1850 et 1880, car elle est pensée pour notre climat et les besoins des familles. Né du savoir-faire de nos ancêtres, ce style architectural est le fruit d’une adaptation au mode de vie québécois.

Riche en traditions, l’architecture traditionnelle québécoise s’estompe finalement vers les années 1900, alors que la maison cubique fait son apparition avec l’urbanisation, l’arrivée de nouveaux matériaux industriels et une volonté de maximiser l’espace habitable. Quoi qu’il en soit, la maison traditionnelle québécoise demeure un symbole marquant du patrimoine architectural québécois que l’on peut toujours contempler le long du Chemin du Roy pour revivre cette époque pas si lointaine.

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Fondation

Conçue pour le climat nordique, la fondation de la maison traditionnelle québécoise est surélevée, formant ainsi un vide sanitaire ou une cave, afin de protéger l’habitation du froid et de l’humidité.

Sa fondation est principalement construite en moellons ou en pierre des champs, des matériaux que l’on retrouve facilement à l’époque.

Toiture

Emblématique de la maison traditionnelle québécoise, le toit à deux versants symétriques s’inspire de la maison d’influence française. Il présente toutefois une pente courbée légèrement moins prononcée d’environ 45°, qui s’allonge de façon continue. Sa courbure au bas du versant, appelée coyau, aide à évacuer l’eau de la neige et la pluie en l’éloignant des fondations.

La forme du toit se prête à l’ajout de lucarnes, un élément à la fois esthétique et fonctionnel. En plus de laisser entrer la lumière naturelle du jour, les lucarnes permettent d’aménager des pièces de rangement ou de petites chambres dans les combles sous le toit.

Bien que le bardeau de bois soit encore présent, on se tourne davantage vers la tôle pour imperméabiliser la toiture. Le recouvrement peut prendre la forme de bardeaux ou de baguettes, et parfois de plaques. On voit également apparaître la tôle à la canadienne, composée de petits rectangles de tôle pliés en diagonale, qui se chevauchent pour obtenir un motif d’écailles.

Fenestration

La maison traditionnelle québécoise (ou maison canadienne) mise sur une répartition symétrique des ouvertures. La porte d’entrée est centrée à l’avant et les fenêtres sont disposées de manière régulière, ce qui simplifie la construction tout en assurant une harmonie visuelle.

Pour optimiser l’isolation, on ajoute une contre-fenêtre aux fenêtres à battants à grands ou à petits carreaux, communément appelée châssis double ou fenêtre d’hiver.

Éléments décoratifs

Outre la toiture courbée, la galerie se veut également un élément décoratif distinctif de l’architecture québécoise traditionnelle. On y accède en montant quelques marches, en raison de la fondation surélevée de la maison.

Tout en longueur, une galerie avec son propre toit couvre la façade de la maison. Elle est rehaussée de chambranles, cornières, garde-corps et barreaux, des items qui servent aussi à protéger le bois et à renforcer la solidité des ouvertures.

Sur le toit, on observe habituellement deux cheminées positionnées symétriquement. Autrefois fonctionnelles lors de l’utilisation des poêles à bois, elles deviennent progressivement décoratives avec l’arrivée des foyers.

Matériaux

Comme la plupart des maisons de l’époque, l’architecture traditionnelle québécoise repose sur des revêtements déjà bien répandus, soit la pierre et le bois.

Les murs sont faits de planches verticales à feuillure, de planches à clin ou de bardeaux de bois, et quelquefois de maçonnerie de brique ou de pierre.

Organisation intérieure

De forme rectangulaire, la maison traditionnelle québécoise s’appuie sur une structure monolithique à un étage et demi. Ses pièces, bien définies, comprennent une petite entrée fermée pour se protéger du froid, une cuisine centrale, un espace de vie commun, ainsi que des chambres au rez-de-chaussée et à l’étage, dans les combles éclairés par des lucarnes.

Avant les années 1900, la salle de bain moderne telle que nous la connaissons n’existe pas encore. Les gens font alors leur hygiène journalière avec une bassine et un pichet d’eau. Les toilettes sont situées à l’extérieur et des pots de chambre sont utilisés la nuit.

Dans certaines demeures, l’ajout d’une cuisine d’été, sur le côté ou à l’arrière de la maison, facilite le quotidien en offrant une pièce supplémentaire non isolée. On y cuisine au four à bois lors des journées plus chaudes, afin de préserver la fraîcheur des pièces principales. L’hiver venu, on y entrepose de la nourriture.

Sur le Chemin du Roy

Le Chemin du Roy reste l’endroit idéal pour admirer le charme de l’architecture québécoise traditionnelle, entre autres la maison Marchand, à Batiscan. Érigée sur une terre acquise en 1669 aux Jésuites par Jacques Le Marchant, la première maison a été démolie, puis reconstruite avec certaines pierres d’origine pour mieux s’adapter au climat. La nouvelle demeure, bâtie en 1828, constitue un exemple typique d’une maison traditionnelle québécoise.

À Deschambault, la maison de la Veuve-Groleau est une résidence construite vers 1715, qui a été agrandie et modifiée au fil du temps. Avec son toit à deux versants droits retroussés, sa tôle à la canadienne et sa maçonnerie en pierre, cette maison québécoise traditionnelle demeure encore à ce jour dans un état de conservation exceptionnel. Une invitation à sillonner la plus ancienne route du Québec à la rencontre du patrimoine bâti sur le Chemin du Roy!