Marqué par la Conquête de 1760, le Québec adopte les influences britanniques, dont l’architecture néoclassique qui remplace graduellement le style d’inspiration française. D’abord présente dans les grandes villes, la maison néoclassique québécoise connaît un essor important entre les années 1830 et 1860 pour se diffuser progressivement dans les villages.

L’architecture néoclassique s’inspire de l’Antiquité gréco-romaine en lui apportant une interprétation plus moderne, notamment par la présence de frontons triangulaires qui rappellent les temples antiques. Simultanément, le Greek Revival (néo-grec) gagne en popularité aux États-Unis, en raison de son association avec l’idéal démocratique de la Grèce antique.

Symbole de prestige et de stabilité sociale, la maison néoclassique au Québec est très prisée par les hommes de professions dites respectables, comme les notaires, les avocats et les médecins, ou encore les familles plus aisées financièrement. À la fin de son apogée, l’architecture néoclassique continue d’être utilisée jusqu’en 1900, tout en conservant ses formes traditionnelles sans transformation majeure.

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Fondation

Parallèle à la rue, la maison néoclassique repose sur une fondation rectangulaire visible hors sol, généralement en pierres naturelles assemblées avec du mortier.

L’ajout d’un vide sanitaire sous le plancher, et parfois même d’une cave, permet une meilleure isolation ainsi que l’entreposage des aliments.

Toiture

La maison québécoise néoclassique comprend un toit à 2 versants parfaitement symétriques, avec une inclinaison d’environ 45 degrés. On observe également des avant-toits incurvés (ou larmiers) qui dépassent légèrement des murs. La galerie, avec un auvent, protège l’entrée des intempéries.

Recouverte de tôle pincée, en plaques ou à la canadienne, la toiture est conçue pour résister au climat québécois. Elle compte aussi 2 cheminées, une à chaque extrémité du toit.

Dans le style purement néoclassique, les combles ne sont pas habitables, tandis que dans l’adaptation québécoise, ils le deviennent avec la présence de lucarnes.

Fenestration

Axée sur l’équilibre géométrique, l’architecture néoclassique impose une porte centrale avec un nombre égal de fenêtres de chaque côté. Celles-ci sont d’ailleurs impeccablement alignées à la verticale entre les 2 étages de la demeure.

Pour préserver l’harmonie visuelle, on installe des fenêtres à battants à 6 carreaux, sauf celles de l’étage sur le mur pignon, qui en ont 4.

Éléments décoratifs

Témoin d’un luxe discret, la maison néoclassique québécoise privilégie une élégance sobre digne des modèles antiques. La symétrie et les proportions harmonieuses sont plus importantes que l’abondance d’ornements.

Bien que peu nombreux, les éléments décoratifs sont choisis avec soin. Ils peuvent inclure des chambranles (moulures ou cadrages) autour des fenêtres, des planches cornières (planches de coin) et des retours de corniche sur les murs pignons. Sans oublier les colonnes, les frontons inspirés de l’Antiquité, les pilastres (colonnes plates décoratives intégrées au mur) et une corniche autour de la porte principale.

Matériaux

La maison néoclassique québécoise est construite en pierre ou en bois, et parfois en mode hybride. Dans ce cas, le mur de pierre, laissé à nu, est celui davantage exposé aux intempéries, alors que le mur en bois est recouvert de planches à clin ou à feuillure.

Organisation intérieure

La porte d’entrée principale donne sur le vestibule, qui sert de coupe-froid en hiver. On y retrouve ensuite une grande pièce multifonctionnelle faisant office de salle à manger et de salon, avec un poêle ou une grande cheminée pour chauffer la maison, ainsi que la chambre des maîtres.

L’escalier, souvent abrupt, mène vers l’étage, sous le toit à 2 versants avec des lucarnes, où se trouvent les chambres à coucher. Une cuisine d’été est aussi accessible en annexe de la demeure pour faciliter la préparation des repas lors des grandes chaleurs.

Sur le Chemin du Roy

Vous pouvez admirer des maisons néoclassiques québécoises en sillonnant le Chemin du Roy, dont la maison Jean-Boudreau, premier Acadien à siéger à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada. Bâtie vers 1790 dans le village de Deschambault, cette demeure illustre les débuts de l’influence néoclassique au Québec, avant le grand essor des années 1830.

D’autres demeures issues du style architectural néoclassique québécois sont aussi localisées à Cap-Santé et à Neuville. Mentionnons entre autres la maison Pagé-Rinfret / Beaudry ou encore la maison Soulard. Symboles d’une autre époque, ces demeures se dressent toujours fièrement pour nous rappeler toute la richesse et la diversité du patrimoine bâti sur le Chemin du Roy.