Typique du paysage québécois d’hier et d’aujourd’hui, la maison mansardée d’influence Second Empire se distingue par son architecture raffinée et facilement reconnaissable. Surnommée «maison au toit brisé», elle est richement ornée de décorations et de fioritures, ce qui en fait un fragment important du patrimoine architectural québécois.
La maison à toit mansardé tire son nom de François Mansart, architecte français du 17ᵉ siècle, dont les conceptions auraient guidé ce type de toiture. Toutefois, le style mansardé tel qu’on le connaît au Québec s’est surtout développé et diffusé de 1850 à 1920, sous l’influence du Second Empire.
Inspiré par la modernisation de Paris sous le régime de Napoléon III (1852-1870), ce style architectural luxueux s’est implanté au Québec au cours du 19ᵉ siècle, surtout dans les milieux aisés et les presbytères en raison de son coût de construction plus élevé. Il reflète une architecture qui valorise l’élégance, le confort et l’optimisation de l’espace habitable.
Vous pouvez consulter nos maisons participantes de style Second Empire sur notre carte interactive: Voir sur la carte
Fondation
Principalement construite sur une fondation en pierres des champs, la maison de style mansart comporte parfois une fondation en maçonnerie de pierres ou une solution hybride, pour une structure plus solide et durable.
Quelques demeures sont surélevées, avec un petit sous-sol ou un vide sanitaire, afin de protéger le bois du sol souvent froid et humide au Québec.
Toiture
Caractéristique phare de ce type de maison, le toit mansardé à 2 ou 4 versants est composé d’un brisis, la partie inférieure fortement inclinée, et d’un terrasson, la partie supérieure plus plate, ce qui permet de créer un espace habitable sous les combles.
Le toit est généralement recouvert de tôle en plaques, pincée ou à la canadienne. Cette technique dissimule les points d’attache pour limiter les infiltrations d’eau et maximiser la durabilité de la toiture. À preuve, certaines maisons mansardées ont su conserver leur toiture d’origine.
On constate aussi la présence marquée de lucarnes, souvent à pignon, sur les versants en pente du toit. Une cheminée en briques, située à l’intérieur de la maison, dépasse également de la toiture pour assurer l’évacuation de la fumée.
Fenestration
Réparties de façon symétrique, les fenêtres de la maison à mansarde d’influence Second Empire laissent entrer la lumière naturelle du jour. Leur emplacement régulier, tant à la verticale qu’à l’horizontale, contribue à l’équilibre de la façade du bâtiment.
Ce type d’architecture présente différents styles de fenêtres traditionnelles de l’époque, notamment les fenêtres à guillotine à grands carreaux, à guillotine sans subdivision, à battants à grands carreaux et à imposte.
Éléments décoratifs
Très prisée par les personnes fortunées, cette architecture inclut de nombreux ornements soigneusement sélectionnés, entre autres des balustrades, colonnes travaillées et balustres, qui renforcent son prestige.
Les tonalités colorées et contrastées varient du vert, au rouge, au jaune, jusqu’au bleu pâle et au blanc. Ces couleurs viennent souligner les détails architecturaux de la maison à toit mansardé.
Matériaux
Au Québec, la maison mansardée d’influence Second Empire est souvent recouverte de revêtements muraux traditionnels, tels que des planches de bois à feuillure ou à clin, ou des bardeaux de bois.
Cette composition réduit les espaces entre les planches, ce qui favorise une meilleure étanchéité et une plus grande longévité dans notre climat. Cependant, ce type de matériaux inflammables est particulièrement vulnérable aux incendies.
On observe aussi que certaines maisons à mansarde sont construites en pierres, avec l’extérieur recouvert de crépi, offrant une alternative plus résistante au feu.
Organisation intérieure
Issue d’un plan rectangulaire carré ou en L, la maison à toit mansardé convient aux familles nombreuses ou aux immeubles en ville avec logements à louer. Le toit mansardé permet d’augmenter la surface de la maison grâce à un deuxième étage habitable, que l’on appelle la mansarde.
Le salon, la cuisine et la salle à manger sont habituellement au rez-de-chaussée, tandis que les chambres, les pièces de repos ou les bureaux sont à l’étage. On retrouve parfois une cuisine d’été, annexée à l’arrière ou sur le côté, afin d’éviter de faire grimper la température intérieure.
Sur le Chemin du Roy
Vous pouvez admirer de magnifiques maisons à toit mansardé le long du Chemin du Roy, notamment la Maison Croteau ou encore le bâtiment 4550-4554, rue Notre-Dame Ouest à Trois-Rivières.
L’une des maisons mansardées les plus connues reste celle de M. Carolus Bouchard, à Batiscan. Fier de sa demeure construite vers 1915, le célèbre gérant de la Caisse populaire de Batiscan se versait un loyer de 17,08$ en 1947 pour accueillir la caisse à même sa maison privée. Un symbole du rôle social de la maison de type mansard à l’époque.